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Saturday 14th of December 2019
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Qu’est-ce que le Shirk ?

Qu’est-ce que le Shirk ?

Résumé de la réponse

Littéralement, le terme « Shirk » signifie « attribué »; Par contre, dans la terminologie coranique, shirk – en contraste avec hanif – signifie techniquement le processus d’attribution de quelqu’un ou quelque chose comme un partenaire ou un équivalent à Dieu le Très Haut. Hanif, signifie : « être incité vers la droiture et la modération » ; d’ici, le terme a pris une connotation vers ceux qui se sont écartés du shirk, imbibés par le pure tawhid (Monothéisme Pur).

Le terme shirk peut être généralement classifié en : (a) le shirk relié à la croyance (shirk « doctrinal ») et : (b) le shirk relative aux actions et actes d’adorations et d’obéissance (shirk de « soumission »). Le shirk doctrinal peut être divisé en :

  1. Le shirk ‘divin’ : croire en l’existence de quelque chose d’autre qu’Allah, qui indépendamment détient les Attributs Divins.
  2. Le shirk ‘dans la création’ : croire que l’univers a plus qu’une origine, et plus qu’un seul Créateur.
  3. Le shirk ‘de souveraineté’ : croire que l’univers est dirigé par plus d’un souverain.

Le shirk de ‘soumission’ est catégorisé en division apparente et cachée. Toutes les formes de shirk sont jugées aberrantes devant Allah, et sont considérées comme une grande injustice à sa supériorité.

De nos jours, on observe quelques sectes qui utilisent le concept de shirk pour détourner leurs adeptes et les autres ; quand ils n’arrivent plus à argumenter, il leur est facile d’accuser leurs adversaires de shirk. De tels comportements sont complètement non islamiques, immorales et impropres. Cependant, les chercheurs islamiques ont répondu à toutes les pensées déviées et leurs déchaînements accusateurs.

Réponse détaillée

Le mot en lui-même, shirk, signifie donner une part, partager, ou impliquer deux partenaires[1]. Le terme coranique est apparu en opposition au terme « Hanif » (musulman orthodoxe), et ce que l’on entend par shirk, est : associé un partenaire ou un être égal à Dieu (Le Très Haut). Le terme Hanif, signifie avoir un penchant pour la vérité et la droiture, dans un milieu malavisé. Et comme les adeptes du towhid s’opposent entièrement à l’idée de Shirk, et se dirigent vers ce fondement principal (towhid) ils sont appelés Hanif. C’est aussi la raison pour laquelle l’une des définitions de Hanif est « tout droit », « clair ».[2]

Dans le Saint Coran, Allah le Très haut a dit au Saint Prophète :

Dis : « Mon Seigneur m’a dirigé sur une voie droite : c’est une Religion immuable, la religion d’Abraham, un vrai Hanif[3] ». – Il n’était pas au nombre des polythéistes. –[4]

Il a dit aussi :

Il m’a été dit : « Acquitte-toi des devoirs de la Religion en vrai Hanif. Ne sois pas au nombre des polythéistes.[5]

Du point de vu coranique shirk, en religion, s’oppose à Hanif, et afin de mieux appréhender le terme shirk, il nous faut aussi bien comprendre le terme hanif, en identifiant une entité par son contraire, c’est-à-dire que l’on peut distinguer quelque chose en distinguant son opposé. En résumé, nous pouvons dire que shirk est l’opposé de Towhid, et comme Towhid a différentes formes, shirk en aura aussi. Dans une catégorisation générale, le shirk peut-être divisé en deux grandes familles : le shirk dans les ‘amal’ ou actions (comme : l’obéissance ou l’adoration) et le shirk dans l’ ‘aqidah’ (croyance). Ce dernier est divisé en trois parties :

  1. Shirk dans la divinité : croire à une existence autre qu’Allah, qui indépendamment à Dieu a toutes les Qualités Divines. Une telle croyance entraine le kufr[6], qui est la raison des propos d’Allah dans le Saint Coran :

Ceux qui disent : « Dieu est, en vérité, le Messie, fils de Marie », sont impies. Dis : « Qui donc pourrait s’opposer à Dieu, s’il voulait anéantir le Messie, fils de Marie, ainsi que sa Mère, e tous ceux qui sont sur la terre ? » La royauté des cieux et de la terre et de ce qui est entre les deux appartient à Dieu. Il crée ce qu’il veut, il est puissant sur toute chose.[7]

  1. Shirk dans la création : croire en deux origines indépendantes et créatrices de ce monde, de sortes qu’elles contrôlent et modifient la création. Comme les Mazdakians (Zoroastriens) qui croient en deux origines, au bien « Yazdan » (Dieu) et au mal « Ahriman » (le Diable).
  2. Shirk dans la souveraineté : Croire qu’il existe plusieurs souverains, et que Dieu est Le Souverain de tous. C'est-à-dire que la gestion des affaires de ce monde a été déléguée à des souverains indépendants et individuels. Comme les polythéistes de l’époque de Hazrat Ibrahim (Que la paix soit sur lui) qui pratiquaient ce genre de shirk. Un groupe parmi eux a reconnu les étoiles comme divinité, tandis qu’un autre groupe croyait en la lune et un autre au soleil.

 

Le shirk dans les ‘amal’ (actions) :

Ce shirk est connu aussi sous le nom de shirk dans l’adoration et l’obéissance, c'est-à-dire qu’une personne passe d’un état d’humilité et de respect pour une Divinité, vers une chose envers laquelle il accorde son respect et devant laquelle il devient humble.

 

Ce sont ici, les critères et les étalons du shirk établi par le Saint Coran. Cependant, certains groupes n’hésitent pas à créer à leur propre standard et critère pour définir le shirk, pour ensuite accuser à tort les autres musulmans de pratiquer le polythéisme. Ces points de vus, que ces adeptes utilisent pour galvaniser les foules, n’ont aucune crédibilité, dans la mesure où ils s’opposent directement avec les versets du Saint Coran, ainsi que la conduite et les dires du Saint Prophète et de ses successeurs légaux (les douze Imams).

Nous allons ici mentionner quelques uns de ces critères de shirk créés :

  1. Croire en une super puissance naturelle, autre que Dieu ; ils disent : « Si quelqu’un implore le Prophète ou tout autre Saint pour qu’ils l’aident, et s’il croit qu’ils peuvent entendre cette imploration, ou qu’ils ont connaissance de sa situation, ou bien qu’ils peuvent lui donner ce qu’il désire, en ce cas il est un pratiquant du shirk »[8]
  2. Demander une aide de la part d’un mort, ils disent : « Demander quelque chose à un mort, lui demander de l’aide, et favoriser un défunt sont des formes de shirk, et sont les bases principales du polythéisme !»[9]
  3. Les prières et les invocations sont des actes d’adoration, ils disent : « Les actes d’adoration ne sont que pour Allah, et les prières et les invocations sont des actes d’adorations, ainsi demander à quelqu’un d’autre qu’Allah, c’est pratiquer le shirk »[10].
  4. Visiter les tombes est un acte de shirk.
  5. Demander la Clémence Divine au travers des biens du Prophète ou des personnes croyantes, est une forme de shirk.
  6. Célébrer la naissance du Prophète est un acte de shirk.
  7. Construire un dôme sur une tombe est un acte de shirk.

 

Ces standards créés, et ses croyances, peuvent être brisés en deux parties :

  1. Une partie de ces actions et de ces standards est appelé des actions polythéistes, car ils les reconnaissent comme un acte de shirk dans la croyance.

Pour réfuter cette partie de leur croyance, nous pouvons dire que si la croyance en une super puissance naturelle, en une intercession, en une demande d’aide etc. sont toutes reliées à Allah, et tout ce que cette personne a, vient d’Allah, le Très Haut, alors il ne s’agit pas de shirk. Car en effet, il n’y a pas de souveraineté autre qu’Allah, qui a été prise en considération. Dans les définitions du shirk dans la divinité, dans la création et dans la souveraineté, nous avions vu qu’il s’agissait dans tous les cas de croire en une force indépendante d’Allah, qui aurait en elle tous les Attributs Divins de gloire et de perfection. Si cependant, une force ou une autorité dépend d’Allah, cela ne peut être considéré comme un acte de shirk. Une bonne partie des musulmans et nous qui supplions l’aide du Saint Prophète et de ses descendants, savons bien qu’ils ont une force mystique, nous savons pertinemment que ces qualités et ce grade ont été octroyés par Allah l’Unique, Le Très Haut. Après avoir considéré cette description, peut-on être encore appelé shirk ?

  1. Concernant les autres parties, qu’ils considèrent comme étant du shirk, cela vient du fait qu’ils voient ces actions comme des actes d’adoration, comme célébrer la naissance du Saint Prophète (s), construire un dôme sur une tombe ou bien embrasser un lieu saint.

L’adoration contient certaines attitudes, et ces attitudes sont spécifiques à Allah. L’adoration doit être effectuée par humilité et produite de la croyance en Dieu, le Créateur et Seigneur. Cependant, si cette humilité ne vient pas de cette croyance, peut-on toujours appeler l’acte effectué comme de l’adoration ? C’est la raison pour laquelle, dans la Sourate Yusuf (Joseph), Allah ne considère pas la prosternation des frères de Joseph devant lui, comme du shirk, car ils ne l’ont pas fait en croyant que Joseph était un Dieu, un Créateur ou un Seigneur.

Heureusement, quelques chercheurs dans l’islam, et d’autres chercheurs consciencieux ont donné une réfutation totale, à tous les cas de fabrications de principes.

Pour plus d’information, vous pouvez lire le livre du docteur Allama Jafar Subhani, Discussion coranique sur le Towhid et le Shirk.

 

[1] Majma‘ul Bahrain, vol.5 p.274 ; al Ain – vol. 5, p. 293

[2] Le mot “Hanif” vient de ‘Hanafa’ signifiant : Penchant vers la vérité et la droiture dans un milieu malavisé. Cependant, ‘Hanafa’ signifie : penchant du mensonge vers la vérité. Comme le croyant de la pureté du Towhid, est passé d’un milieu malavisé vers ce principe fondamental – towhid – il a été nommé Hanif. C’est aussi la raison pour laquelle l’un des sens de Hanif est la « voie droite » et la « clarté ».

[3] Dans sa traduction D.Masson a utilisé le terme ‘croyant’ comme équivalent à Hanif. Ici nous avons repris sa translittération arabe.

[4] Sourate 6, les Troupeaux, verset 161.

[5] Sourate 10, Jonas, verset 105.

[6] Il est nécessaire de mentionner que toutes ces formes de Shirk entrainent le Kufr. Ce que l’on entend ici par Kufr est plus général que ce que les juristes et les théologiens définissent.

[7] Sourate 5, la Table servie, verset 17.

[8] Collection de Fatwas de Ibn Baz, v.2 p.552.

[9] Fathul Majid, p.68.

[10] Arrad ala rafezah, selon les narrations des Shiites, Ali Asghar Rizwani, pp 135-143.

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